L'essentiel à retenir
- Une lettre de démission écrite n'est pas obligatoire au Québec, mais elle constitue une preuve fortement recommandée de votre décision et de sa date.
- Le préavis usuel (souvent autour de deux semaines) découle du délai de congé raisonnable prévu à l'article 2091 du Code civil du Québec, pas d'un nombre de jours fixé par la loi.
- Votre employeur reste tenu de vous verser certaines sommes à votre départ, notamment l'indemnité de vacances accumulées.
- Une démission peut réduire votre admissibilité à l'assurance-emploi si elle n'est pas jugée la seule solution raisonnable dans votre situation.
Quel modèle de lettre de démission choisir selon votre situation
Le bon modèle dépend avant tout du délai que vous pouvez offrir à votre employeur et de la façon dont vous quittez votre poste. Voici les situations les plus fréquentes et le type de lettre à privilégier pour chacune.
| Votre situation | Modèle à privilégier |
| Départ planifié avec préavis complet | Lettre standard, brève et courtoise |
| Départ immédiat (raisons personnelles, urgence) | Lettre expliquant l'impossibilité de respecter un préavis |
| Nouvel emploi trouvé rapidement | Lettre avec date de fin précise et offre de transition |
| Envoi à distance ou employeur difficile à joindre | Lettre par courriel avec accusé de réception demandé |
Démission avec préavis standard : C'est le scénario le plus courant : vous annoncez votre départ quelques semaines à l'avance. La lettre reste courte, factuelle et professionnelle, sans justification détaillée des motifs.
Démission sans préavis : Si des raisons personnelles vous forcent à partir sur-le-champ, mentionnez-le clairement et proposez, si possible, une transition minimale (transfert de dossiers, disponibilité téléphonique). Cela limite les frictions même en l'absence de préavis complet.
Démission pour raisons personnelles : Vous n'êtes jamais tenu de détailler vos motifs dans la lettre. Une phrase générale suffit amplement, la relation professionnelle s'en portera souvent mieux.
Démission par courriel : Un courriel à la même valeur qu'une lettre imprimée du moment qu'il est daté et clairement adressé. La section suivante détaille comment choisir entre courriel et remise en personne.
Que doit contenir une lettre de démission
Une lettre de démission efficace reste courte : quatre à six phrases suffisent la plupart du temps. Voici les éléments à inclure systématiquement.
- La date d'envoi de la lettre
- Votre poste actuel et le nom de votre employeur ou gestionnaire
- Une phrase claire annonçant votre démission
- La date de votre dernier jour travaillé, calculée à partir de votre préavis
- Un remerciement bref (facultatif mais apprécié)
- Une offre de transition si le contexte s'y prête
Il n'est pas nécessaire d'expliquer vos motifs de départ. Le contenu factuel (date, poste, dernier jour) suffit à protéger vos droits et ceux de votre employeur.
Une lettre de démission est-elle obligatoire au Québec ?
Non, la loi québécoise n'exige pas de lettre écrite : une démission annoncée verbalement a exactement la même valeur légale puisque le Code civil du Québec oblige simplement l'employé et l'employeur à se donner un préavis raisonnable lorsque la relation d'emploi est à durée indéterminée, sans préciser de forme particulière. Dans les faits, l'écrit reste toutefois vivement recommandé : il fixe une date précise, évite les malentendus sur le moment où le préavis commence, et sert de preuve en cas de désaccord ultérieur avec votre employeur.
Le préavis de démission est-il obligatoire ?
Oui, un préavis est requis, mais pas dans le sens où on l'imagine souvent. Le Code civil du Québec oblige l'employé comme l'employeur à donner un délai de congé raisonnable lorsque le contrat de travail est à durée indéterminée, sans fixer de nombre de jours précis. En pratique, ce délai raisonnable correspond le plus souvent à deux semaines pour un poste standard, davantage pour des fonctions de gestion ou de haute responsabilité.
Il ne faut pas confondre cette obligation avec le tableau ci-dessous, souvent cité à tort pour justifier un préavis de démission.
| Ancienneté (service continu) | Préavis minimal dû par l'employeur en cas de congédiement |
| 3 mois à 1 an | 1 semaine |
| 1 à 5 ans | 2 semaines |
| 5 à 10 ans | 4 semaines |
| 10 ans et plus | 8 semaines |
Ce barème découle de l'avis de cessation d'emploi que la Loi sur les normes du travail impose à l'employeur avant de mettre fin à un emploi, il ne s'applique donc pas au salarié qui démissionne.
Autre nuance méconnue : selon un arrêt de la Cour suprême du Canada rendu dans l'affaire Asphalte Desjardins, un employeur qui reçoit un préavis de démission raisonnable ne peut pas mettre fin immédiatement à l'emploi sans lui-même verser un délai de congé ou une indemnité équivalente. Concrètement, si votre employeur préfère que vous partiez plus tôt que prévu, il doit généralement continuer à vous rémunérer jusqu'à la date initialement annoncée, ou vous verser l'équivalent.
Cette page présente l'information de façon générale : pour une situation particulière, consultez la CNESST ou un professionnel du droit du travail.
Courriel ou remise en personne : comment annoncer votre démission ?
Aucune forme n'est imposée par la loi pour annoncer votre démission, mais la façon de le faire influence durablement votre relation professionnelle. La remise en personne reste généralement recommandée, surtout si vous entretenez de bons rapports avec votre gestionnaire : elle témoigne de respect et laisse place à une discussion ouverte. Le courriel demeure une option légitime lorsque la distance, l'urgence ou un contexte relationnel difficile le justifient, à condition de rester factuel et professionnel. Nous détaillons la marche à suivre, du bon moment pour en parler jusqu'aux premiers mots à utiliser, dans notre article sur comment annoncer sa démission à son employeur.
Ce que votre employeur vous doit à votre départ
Une démission ne vous prive d'aucune somme déjà gagnée. Votre employeur reste tenu de vous verser votre salaire jusqu'à votre dernier jour travaillé, ainsi que l'indemnité de vacances accumulées et non prises. Cette indemnité correspond à 4 % du salaire brut gagné pendant l'année de référence pour un salarié ayant moins de trois ans de service continu, et à 6 % pour trois ans et plus. Elle doit vous être remise même si vous êtes celui qui quitte l'emploi.
Comme mentionné plus haut, une nuance additionnelle mérite d'être connue : si votre employeur choisit de mettre fin à votre emploi avant la date que vous aviez annoncée, une indemnité compensant le solde du préavis peut s'ajouter à ces sommes. En cas de désaccord sur les montants versés, un recours est possible auprès de la CNESST pour faire valoir vos droits.
Quel est l'impact d'une démission sur l'assurance-emploi ?
Une démission volontaire peut effectivement limiter votre accès aux prestations régulières d'assurance-emploi.
Pour recevoir des prestations après un départ volontaire, vous devez démontrer que quitter votre emploi était la seule solution raisonnable compte tenu de votre situation, et non simplement une bonne raison personnelle de partir. Un nouvel emploi déjà signé, des conditions de travail dangereuses ou un harcèlement documenté figurent parmi les motifs généralement reconnus.
À l'inverse, quitter simplement par insatisfaction sans avoir exploré d'autres options peut entraîner une exclusion temporaire des prestations. Chaque dossier étant évalué individuellement, il est recommandé de vérifier votre situation directement auprès de Service Canada avant de faire votre demande.
Prêt pour la suite de votre carrière ?
Annoncer son départ marque souvent le début d'une nouvelle étape, pas seulement la fin d'une autre. Chez Fed Group, nos conseillers accompagnent chaque semaine des candidats dans cette transition, du choix du bon moment pour partir jusqu'à la négociation de votre prochain rôle. Si vous êtes en réflexion sur la suite, n'hésitez pas à échanger avec l'un de nos consultants spécialisés dans votre domaine.
Vos questions à propos de la démission au Québec
Puis-je démissionner pendant ma période de probation ?
Oui, rien n'empêche un salarié en probation de démissionner. Les mêmes principes de préavis raisonnable s'appliquent, bien que ce délai soit généralement plus court compte tenu de la courte durée du lien d'emploi.
Puis-je retirer ma démission une fois qu'elle est donnée ?
Cela dépend entièrement de l'accord de votre employeur. Une fois votre démission communiquée, elle est juridiquement effective ; votre employeur n'est pas obligé d'accepter un retrait, même si beaucoup le font par souplesse.
Dois-je expliquer la raison de mon départ dans ma lettre ?
Non, ce n'est jamais une obligation. Une phrase générale suffit amplement ; entrer dans les détails reste un choix personnel, pas une exigence légale.
Mon employeur peut-il refuser ma démission ?
Non, un employeur ne peut pas refuser une démission. Il peut en revanche discuter du préavis ou de la date de fin, mais votre décision de quitter demeure la vôtre.
Que faire si mon employeur ne respecte pas les sommes qui me sont dues à mon départ ?
Vous pouvez déposer une plainte auprès de la CNESST, qui traite les réclamations liées au salaire, aux indemnités de vacances et aux préavis non respectés.