« Quels sont vos principaux défauts ? »

Peu de questions en entrevue provoquent autant de silence gêné. En quelques secondes, la panique s'installe : trop honnête et je perds le poste, trop vague et je parais faux, trop calculé et le recruteur s'en rend compte. La plupart des candidats finissent par sortir le grand classique, "je suis trop perfectionniste", et passent à côté d'une vraie opportunité de se démarquer.

26 mai 2026 • FED Group • 1 min

Pourtant, cette question fait partie des questions d'entretien d'embauche les plus prévisibles. Elle revient dans presque tous les processus de recrutement, tous secteurs confondus. Le problème n'est pas la question, c'est le manque de préparation.

Ce que nos recruteurs Fed Group observent au quotidien, c'est que les candidats qui répondent avec honnêteté et une démarche d'amélioration concrète font systématiquement meilleure impression que ceux qui esquivent. Un défaut bien formulé, c'est un signal de maturité professionnelle. Voici 8 exemples de défauts à dire en entrevue, et surtout, comment les présenter pour que ça joue en votre faveur.

L'essentiel à retenir

  • En entrevue, un défaut doit toujours s'accompagner d'une action corrective concrète. C'est ce que les recruteurs évaluent vraiment
  • Évitez les réponses usées comme "je suis trop perfectionniste", elles sonnent faux et agacent les recruteurs
  • Choisissez un défaut réel mais non rédhibitoire pour le poste visé
  • Les salaires grimpent :La structure idéale en 3 temps : nommer le défaut → illustrer avec un exemple → expliquer comment vous le gérez
  • L'honnêteté bien formulée inspire davantage confiance qu'une réponse trop polie

Pourquoi les recruteurs posent-ils cette question ?

À première vue, on dirait un piège. En réalité, cette question sert un objectif bien précis : évaluer votre capacité d'autoévaluation.

Ce que le recruteur cherche, ce n'est pas de vous voir admettre une faiblesse. C'est de comprendre si vous avez la lucidité de vous connaître, la maturité d'en parler ouvertement, et la proactivité d'y travailler. Nos recruteurs spécialisés Fed Group le voient au quotidien : les candidats qui répondent avec honnêteté et une démarche d'amélioration concrète font systématiquement meilleure impression que ceux qui esquivent.

Il ne s'agit donc pas de choisir le "bon" défaut. Il s'agit de bien le présenter.

La méthode en 3 temps pour répondre sans se piéger

Il existe une structure simple et efficace pour formuler n'importe quel défaut en entrevue sans nuire à votre candidature. Avant de vous préparer à votre entrevue, intégrez cette méthode. Elle s'applique à tous les profils et tous les secteurs.

  • Nommer le défaut clairement. Pas de détour, pas de formulation floue. Allez droit au but : "J'ai tendance à avoir du mal à déléguer."
  • Illustrer avec un exemple concret. Ancrez le défaut dans la réalité : "Dans mon dernier poste, je reprenais souvent des tâches que j'avais confiées à mon équipe parce que je voulais m'assurer du résultat."
  • Expliquer ce que vous faites pour le gérer. C'est ici que tout se joue : "Depuis, j'ai mis en place des points d'étape hebdomadaires avec mon équipe, ce qui me permet de suivre l'avancement sans intervenir inutilement."

Cette structure en trois temps montre que vous vous connaissez, que vous êtes honnête, et surtout que vous progressez. C'est exactement ce que cherche un recruteur.

8 défauts à dire en entrevue, et comment les formuler

Voici 8 exemples de défauts qui peuvent être valorisés en entrevue. Pour chacun, vous trouverez une formulation suggérée à adapter selon votre parcours et le poste visé.

1. La timidité

Si vous êtes une personne généralement timide, il est possible d'apporter ce trait de caractère comme un défaut ou une faiblesse en entrevue.

Les candidats timides ont de très bonnes chances de réussir un entretien d'embauche. Il suffit de bien préparer votre réponse et d'expliquer concrètement comment vous surmontez ce trait dans votre quotidien professionnel.

La timidité peut se manifester par un manque d'assurance dans les réunions ou une difficulté à partager vos idées par peur du jugement. Mais elle s'accompagne souvent d'une grande capacité d'écoute et d'observation, des atouts réels en milieu de travail.

💬 Formulation suggérée : "Je suis quelqu'un de réservé au départ, ce qui peut parfois me freiner en réunion. J'ai appris à compenser en me préparant davantage avant les rencontres d'équipe et en m'imposant d'intervenir en premier sur les sujets où je suis à l'aise."

2. L'impatience

Plusieurs personnes sont coupables d'avoir été impatientes à un moment donné de leur carrière. L'impatience peut être perçue comme une force : vous aimez avancer, livrer, obtenir des résultats rapidement.

Elle devient un défaut si elle met trop de pression sur vos pairs ou si elle vous pousse à bâcler des étapes importantes. Bien contextualisée, elle peut se transformer en un moteur d'efficacité collective.

💬 Formulation suggérée : "J'ai tendance à être impatient lorsqu'un projet stagne. J'ai appris à canaliser ça autrement : plutôt que de pousser mes collègues, j'identifie les blocages et je propose des solutions concrètes pour débloquer la situation."

3. Le manque de compétences

Lorsque vous postulez à un poste pour lequel vous ne cochez pas toutes les cases, les recruteurs encouragent souvent à tenter sa chance quand même, surtout si le rôle vous attire sincèrement et que les compétences manquantes sont secondaires.

Si c'est le cas, ne le niez pas. Mettez plutôt de l'avant votre capacité d'apprentissage rapide et votre motivation. Un recruteur qui embauche sur le potentiel autant que sur l'expérience y sera très sensible. Vous pouvez aussi vous appuyer sur votre façon de mettre en avant vos qualités pour contrebalancer cet écart.

💬 Formulation suggérée : "Je n'ai pas encore d'expérience approfondie avec [outil/compétence complémentaire], mais j'ai régulièrement appris de nouvelles technologies en cours de mandat. Je me forme activement sur ce point depuis [période] et j'estime pouvoir être opérationnel en [délai réaliste]."

Attention : ce défaut ne fonctionne que pour une compétence périphérique au poste, jamais pour son cœur de métier. Un analyste financier qui mentionne ne pas maîtriser Excel, un ingénieur qui admet mal lire des plans techniques, ou un développeur qui avoue ne pas savoir coder en Python pour un poste Python… ces réponses sont rédhibitoires. Choisissez une compétence complémentaire que vous êtes en train d'acquérir.

4. La difficulté à déléguer

Souvent, on souhaite qu'une tâche soit exécutée rapidement et d'une manière précise. Il est facile de se convaincre qu'il vaut mieux la faire soi-même.

Mais il est impossible pour une seule personne de prendre en charge ce qui est destiné à une équipe entière. Ce défaut reflète souvent un sens élevé des responsabilités à condition de montrer que vous en êtes conscient et que vous travaillez activement à faire confiance à votre entourage.

💬 Formulation suggérée : "J'ai du mal à lâcher prise sur certaines tâches. J'ai tendance à vouloir les superviser de trop près. Depuis, je mise sur des comptes-rendus clairs et des jalons bien définis avec mon équipe, ce qui m'aide à déléguer avec confiance."

5. La sensibilité

La sensibilité n'est pas un défaut en soi. Mais dans certains contextes professionnels, elle peut se manifester comme une faiblesse notamment si vous avez du mal à recevoir une critique sans la prendre personnellement.

Selon le poste, elle peut au contraire jouer en votre faveur : une personne sensible aux signaux humains sera souvent plus empathique avec ses collègues ou ses clients. L'essentiel est de montrer que vous savez la gérer.

💬 Formulation suggérée : "Je suis quelqu'un de sensible aux retours, ce qui peut parfois me déstabiliser sur le coup. J'ai développé l'habitude de prendre un moment avant de réagir, pour distinguer ce qui est constructif de ce qui relève simplement d'un contexte tendu."

6. Le stress

Le stress en milieu de travail est une réalité pour de nombreux professionnels. Certaines personnes le gèrent facilement, d'autres ont davantage de difficulté à ne pas le laisser affecter leur performance.

Si vous faites partie du second groupe, sachez que le mentionner en entrevue n'est pas fatal à condition de montrer que vous avez développé des stratégies concrètes pour le gérer. Le stress peut même signaler que vous êtes exigeant envers vous-même et que vous prenez votre travail au sérieux.

💬 Formulation suggérée : "En période de forte charge, je peux ressentir un niveau de stress élevé. J'ai appris à le gérer en priorisant rigoureusement mes tâches en début de semaine et en communiquant tôt lorsque les délais risquent d'être serrés."

7. La difficulté à concilier travail et vie personnelle

La conciliation travail et vie personnelle est un défi pour plus d'un, surtout pour les personnes très investies dans leur rôle. Il est facile de s'y consacrer à 100 %, au point de négliger les signaux d'épuisement.

Si vous vous reconnaissez dans ce défaut, montrez que vous en êtes conscient et que vous posez activement des limites. Un candidat capable de gérer son énergie sur le long terme est bien plus précieux qu'un candidat qui brûle la chandelle par les deux bouts.

💬 Formulation suggérée : "J'ai tendance à m'investir très intensément dans mon travail, parfois au détriment de mon temps personnel. J'ai appris à définir des plages non négociables en dehors du bureau ce qui m'aide à être plus concentré et efficace quand j'y suis."

8. La difficulté à dire non

La difficulté à dire non est souvent présentée comme un cliché d'entrevue au même titre que le perfectionnisme. Elle peut pourtant être crédible et efficace si vous la justifiez avec un exemple concret et un correctif réaliste.

En disant oui à tout, vous risquez de diluer votre attention, de retarder vos propres livrables et, à terme, d'être moins efficace pour tout le monde. Montrez que vous avez pris conscience de cette dynamique et que vous avez appris à vous positionner.

💬 Formulation suggérée : "J'ai longtemps eu du mal à refuser des demandes de collègues, ce qui finissait par nuire à mes propres priorités. J'ai appris à évaluer l'impact réel d'une demande avant de répondre, et à proposer des alternatives plutôt qu'un refus sec."

Comment choisir la bonne faiblesse pour votre profil

Toutes les faiblesses ne se valent pas et le bon choix dépend de votre niveau d'expérience et du poste auquel vous postulez.

Si vous êtes en début de carrière (0 à 5 ans d'expérience), privilégiez les faiblesses liées aux compétences. Reconnaître une lacune dans l'utilisation d'un outil technique ou d'une méthodologie spécifique est honnête, attendu et facile à présenter comme une opportunité d'apprentissage. Assurez-vous que votre CV reflète ces mêmes axes de progression de manière cohérente. Voici comment rédiger un CV convaincant pour le marché de l’emploi québécois si vous souhaitez concilier ces deux aspects.

Si vous avez plus d’expérience, les faiblesses les plus crédibles sont généralement d’ordre interpersonnel ou managérial : délégation, gestion du stress dans des situations à enjeux élevés ou adaptation du style de communication selon les équipes.

Dans tous les cas, évitez les faiblesses directement liées à la fonction principale du poste. Un candidat au titre de CPA ne devrait pas mentionner des difficultés en analyse financière. Un développeur informatique ne devrait pas dire qu’il a du mal avec la documentation du code. Pensez à ce qui est adjacent au poste, et non à ce qui en est au cœur.

Si vous ne savez pas comment formuler votre réponse en fonction de votre secteur ou de votre niveau spécifique, un recruteur spécialisé peut vous aider à vous préparer. Les consultants de Fed Group travaillent exclusivement dans la finance, l’informatique, l’ingénierie et la chaîne d’approvisionnement ; ils savent exactement ce que recherchent les responsables du recrutement dans ces domaines.

Les défauts à éviter absolument en entrevue

Certaines réponses font plus de mal que de bien. Les recruteurs les entendent des dizaines de fois par semaine. Elles sonnent faux et signalent un manque de préparation ou de lucidité.

Défaut à éviter Pourquoi ça nuit Meilleure alternative
"Je suis trop perfectionniste" Cliché épuisé, perçu comme une esquive La difficulté à déléguer
"Je travaille trop" Pas crédible, évite la vraie réponse La difficulté à concilier travail/vie perso
"Je suis trop exigeant envers les autres" Signal négatif en contexte d'équipe L'impatience, bien contextualisée
"Je n'ai pas vraiment de défauts" Manque de lucidité flagrant N'importe lequel des 8 défauts ci-dessus
"Je suis trop honnête" Perçu comme arrogant ou passif-agressif La difficulté à dire non

La règle est simple : un défaut honnête, bien présenté, vaut toujours mieux qu'une pirouette mal camouflée.

Prêt pour votre entrevue ? Nos recruteurs peuvent vous aider.

Voilà donc 8 défauts avouables en entrevue, et surtout, comment les formuler pour ne pas vous desservir. Retenez l'essentiel : ce n'est pas le défaut qui compte, c'est la façon dont vous en parlez.

Lorsque vous répondez à cette question, résistez à la tentation de lister des qualités déguisées en défauts. Il vaut mieux être honnête, concis, et montrer que vous progressez activement.

Vous cherchez un poste en finance, en TI, en supply chain ou en ingénierie dans le Grand Montréal ? Les recruteurs spécialisés de Fed Group peuvent vous accompagner dans votre préparation et vous mettre en relation avec les bonnes opportunités. Déposez votre candidature spontanée ou contactez directement notre équipe.

FAQ

Combien de défauts donner en entrevue ? 

En règle générale, un seul défaut bien développé suffit. Si le recruteur en demande un deuxième ou un troisième, choisissez des défauts d'une nature différente (par exemple un défaut comportemental, puis un défaut lié à une compétence technique) et appliquez à chaque fois la méthode en 3 temps.

Est-ce qu'un vrai défaut peut faire perdre un poste ?

Rarement, si vous le présentez correctement. Ce qui peut faire perdre un poste, c'est mentir, esquiver ou choisir un défaut incompatible avec les exigences fondamentales du rôle. Un contrôleur financier qui avoue avoir du mal à déléguer sera bien mieux perçu qu'un candidat qui dit "je suis trop perfectionniste."

Faut-il adapter ses défauts selon le secteur ?

Oui, toujours. Un défaut acceptable en finance peut sonner étrange en TI, et vice versa. Avant votre entrevue, identifiez les compétences non négociables du poste et assurez-vous que votre défaut ne touche pas directement à l'une d'elles.

Comment répondre si on me demande un 2e ou 3e défaut ?

Préparez-en deux ou trois à l'avance, de nature différente. Si vous êtes pris au dépourvu, vous pouvez aussi mentionner un manque de compétence technique spécifique en expliquant comment vous comblerez cet écart. C'est une réponse honnête et pragmatique.